Le Petit Prince
Collège
Gignac-la-Nerthe
 

Les élèves Intellectuellement Précoces

mardi 19 novembre 2013

Ce document est fortement inspiré du dossier « Pour la réussite de tous et de chacun : reconnaître un enfant intellectuellement précoce ; prévenir et remédier. Guide à l’usage des enseignants. IA de Haute-Savoie

Les Eleves Intellectuellement Précoces (EIP) représentent environ 2 à 3% des enfants quel que soit le milieu. En moyenne, cela représente donc un enfant pour deux classes.
Au collège Le Petit Prince, statistiquement, nous scolariserions une douzaine d’EIP.
Or, près d’un tiers des EIP sont en échec scolaire.

Définition :

L’enfant intellectuellement précoce peut manifester la capacité de réaliser, dans un certain nombre d’activités, des performances que ne parviennent pas à accomplir la plupart des enfants de son âge. Il dispose, au moment de l’observation et dans les domaines considérés, d’aptitudes nettement supérieures à celles de la moyenne de sa classe d’âge.
Toutefois, certains ne se distinguent pas par leurs performances mais se révèlent paradoxalement à travers la difficulté.
Il s’agit d’un enfant dont le fonctionnement intellectuel est différent et c’est ce fonctionnement différent qui peut le mettre en difficulté et souvent en souffrance. Il est donc primordial de réagir dès les premiers signes, le plus tôt possible dans la scolarité de l’élève, avec prudence et sans le marginaliser tout en respectant sa singularité d’enfant.

Seuls les EIP qui « posent problème », parce qu’ils se trouvent soit en difficulté scolaire, soit en souffrance personnelle, nécessitent des aménagements.

Notion de dyssynchronie

Le syndrome de dyssynchronie a été mis en évidence par Jean-Charles Terrassier (1995) , qui a créé le terme. Il désigne le développement hétérogène spécifique de certains enfants intellectuellement précoces : si ces enfants sont précoces sur le plan intellectuel, ils ne le sont pas forcément sur les plans affectif, psychomoteur et relationnel.

La dyssynchronie interne comporte deux aspects principaux :
- l’un affecte le couple intelligence-psychomotricité : la maturation psychomotrice est dans la norme de leur âge ou en deçà, souvent nettement en retrait par rapport à leur éveil intellectuel.
- l’autre étant sur le registre intelligence-affectivité : la maturité affective est davantage liée à son âge réel qu’à son âge mental.
La dyssynchronie sociale peut conduire à des difficultés spécifiques sur le plan de la relation avec l’environnement. Elle concerne les relations avec les camarades. L’enfant précoce recherche des camarades plus âgés qui l’acceptent plus ou moins volontiers et recherche également du dialogue avec l’adulte.

Le protocole de dépistage

Un élève qui interroge : et si l’élève était intellectuellement précoce ? Quelle démarche ?

Repérage / Observation par l’/les enseignant(s) dans la classe

L’/les enseignant (s) dans la classe —> Outils : grille de repères
L’/les enseignant (s) + la famille —> Outils : grille de repères

Evaluation et bilans spécifiques : examens psychologiques

Conseillère d’Orientation Psychologue —> Bilans psychologiques (exemple : WISC)

Mise en commun des points de vue : équipe pédagogique ou éducative / actions dans la classe

Les enseignants dans la classe —> - Adaptation des rythmes d’apprentissage
- Offre d’itinéraires différenciés
- Apport d’une aide adaptée aux difficultés constatées

Si les difficultés persistent

Le médecin scolaire - Bilan de langage oral et écrit
- Bilan de santé et du développement
- Recherche de troubles associés
- Proposition de prises en charge internes et/ou externes
- Accompagnement de la famille
- Mise en place du livret de suivi de l’enfant intellectuellement précoce

Comment agir ? les adaptations pédagogiques

→ Des problèmes scolaires, de quel type ? (référence document IA de l’Ain) :
- des difficultés liées à l’écart entre les aptitudes fortes dans certains champs d’activité intellectuelle et leur moindre aisance, voire leurs manques, dans d’autres domaines : déséquilibre entre potentialités supérieures à la moyenne (par exemple, la richesse du vocabulaire, la lecture, la langue orale, la mémoire...) et des insuffisances marquées (l’écriture, la présentation des devoirs et des cahiers, les savoir-faire pratiques, la capacité à entrer en relation et à coopérer avec l’autre, l’organisation du travail, la maîtrise des gestes et des émotions, les activités physiques...)
- une difficulté centrale : l’incapacité ou la faible capacité à s’adapter aux situations - attendre les autres, adopter une méthode scolaire - avec ses conséquences (isolement, ennui, rêverie, agitation, refus de l’école...)
Il est cependant évident que cette inadaptation peut prendre une intensité et une forme tout à fait différentes d’un enfant à l’autre en fonction de sa personnalité mais aussi des contextes dans lesquels il évolue.
- des difficultés personnelles sans lien direct (au moins apparent...) avec les potentialités repérées à travers le quotient intellectuel.

→ Des besoins :
- besoin de reconnaissance : porter sur eux (comme sur tous les élèves « un peu plus différents que les autres ») un regard bienveillant et compréhensif. Ceci impose, en amont, un repérage précoce et une analyse juste de leur situation, si complexe soit-elle.
- besoin de prévention, de remédiation et, parfois, de soin.

- besoin de motivation : qu’ils puissent trouver en classe des réponses aux questions qu’ils se posent, des connaissances, mais aussi une aide et des stimulations. Il convient qu’ils soient heureux d’aller à l’école.
- besoin d’équilibre : l’école doit aussi compenser leur tendance à surinvestir les domaines intellectuels. Pas à pas, ils doivent être accompagnés dans leur éducation sociale, physique, affective, morale. Ils ont à aller vers les autres, à apprendre à travailler avec eux, à découvrir l’importance de l’intelligence du geste, à passer par le détour des méthodes et de l’organisation pour être efficaces, à se montrer capables de bien dessiner, de remettre aux autres des travaux propres et bien présentés.

→ Quelles réponses le système éducatif peut-il apporter ?
Le rapport de Jean-Pierre Delaubier (Janvier 2002) avance quelques propositions :
-  Favoriser des modes de relations régulières avec l’élève et sa famille
-  Présence d’une personne référente dans l’établissement pour favoriser le dialogue et l’écoute.
-  Apporter une réponse aux difficultés rencontrées dés l’école primaire
o Soutien et compensation dans des champs où des manques ou difficultés sont apparus
o Tutorat

o Groupes de compétences
-  Adapter le rythme d’apprentissage aux besoins de chacun
o Accélération du cursus
o Emploi du temps individualisé avec contrat par période

o Scolarisation dans une classe à cours multiple

o Suivi de certaines disciplines dans une autre classe
o Enrichissement et approfondissement dans les domaines de réussite

A noter que Susan Winebrenner dans son livre Enseigner aux enfants doués en classe régulière aux éditions Chenelière Education parle de compactage. Cela implique de condenser l’équivalent d’un trimestre ou d’une année d’études d’une matière sur une période plus courte. Pour cela, il faut commencer par tester au préalable, chez les volontaires, la connaissance qu’ils ont des contenus qui vont être étudiés. S’ils ont acquis ces compétences et contenus, ils pourront alors travailler sur des contenus nouveaux et approfondir des sujets.

-  Développer à l’école, comme au collège, les possibilités d’enrichissement des parcours scolaires (approfondissement, enrichissement) L’attrait de la nouveauté et la possibilité de réaliser par lui-même des activités plus complexes évitera à l’enfant concerné de s’ennuyer dans son coin, tout en lui permettant de parfaire son mode de raisonnement.
o Aller plus loin dans le programme, acquérir des connaissances supplémentaires, traiter des problèmes plus difficiles.
o Recherches sur des sujets qui passionnent l’élève et présentation sous forme d’exposés. Il s’agit véritablement de "nourrir" la curiosité intellectuelle de l’enfant et de lui faciliter l’acquisition de processus de pensée et de créativité.

Voir un exemple de « menu d’approfondissement » d’après Susan Winebrenner

Dans le second degré, accueillir les EIP dans des classes encadrées par des équipes pratiquant une pédagogie innovante et différenciée.
Exemple : propositions d’actions par un membre de l’équipe d’Alby sur Chéran, avril 2009 :
- Montrer à l’élève qu’on le reconnaît.
- Exiger (avec des conseils et des encouragements) que le travail soit fait. S’il est bâclé, expliquer à l’élève qu’il est capable de mieux, pourquoi le travail doit être propre et lisible, jusqu’à la production d’un travail correct, qui sera évalué.
- Donner parfois des travaux qui dépassent le niveau « normal » d’une classe. Ceci entraîne à l’effort et oblige à une véritable réflexion, à une organisation de la pensée auxquelles les EIP ne sont pas habitués (ils réussissent plutôt bien en primaire, sans travailler).
- Alterner l’apprentissage « frontal » (technique, systématique) et une méthode plus souple (discussion, échanges, expression personnelle).
- En langue, valoriser l’expression personnelle, la qualité intellectuelle de la réponse et ne pas prendre en compte uniquement la justesse technique.
- Ne pas réduire l’élève à son fonctionnement dans le cadre scolaire. S’intéresser à ses goûts, son originalité ...
- Savoir accepter ce qui semblerait être des digressions en les réintégrant autant que possible dans le déroulement du cours. Elles sont 
rarement du temps perdu.
- Faire preuve de modestie : l’enseignant ne sait pas tout et l’admet.
- Ne pas sanctionner d’emblée un fonctionnement inadapté aux exigences scolaires mais accompagner l’élève vers une adaptation à ces exigences en les justifiant (souci de clarté, de communicabilité des informations).

→ Conséquences pédagogiques
L’enseignant devra faire preuve :

- de davantage de souplesse pour accepter les apports des élèves.
- d’une rigueur accrue pour compenser cette "intrusion", gérer ces apports et aider les élèves à les structurer.
- d’une grande attention au climat affectif du groupe (enfants parfois fragiles).

- d’ouverture face à la pluridisciplinarité pour favoriser le travail de groupe entre élèves et entre collègues.

Sitographie, Bibliographie, Documentations :

- http://www.ac-aix-marseille.fr/cid79995/la-scolarisation-des-eleves-intellectuellement-precoces.html
- « les enfants surdoués ou la précocité embarrassante » de Jean Charles TERRASSIER, ESF Editeur. Auteur et psychologue reconnu internationalement sur le sujet, président fondateur en 1971 de l’ANPEIP (Association Nationale pour les enfants intellectuellement précoce). Il participe fréquemment à des travaux concernant les EIP et le milieu scolaire au sein de l’Education Nationale.
- Site de l’ANPEIP
- Le site EDUSCOL sur ce thème avec un lien sur un module de formation.
- « je suis précoce, mes profs vont bien » d’Elsa Autain-Pléros, Edition Chroniques sociales. L’auteure est enseignante, formatrice et Maman de 2 enfants précoces.
- La plaquette de l’académie d’Aix-Marseille avec les coordonnées des référents départementaux, document simple et efficace pour une première vue rapide.

 
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